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Peek & Choose

L’étonnement chez Stéphane Gautier est toujours à prendre et non pas à laisser dans l’oeuvre qu’il réinvente à force de curiosité et d’imagination pure. Par jeu, par méthode aussi, l’artiste fait appel à toutes les expériences du quotidien, de la vie contemporaine comme les éléments à la fois arbitraires et obligés de sa création personnelle. Pour lui, l’expérience du réalisme matériel n’est pas du moins illogique, sinon perdue dans la simple description du monde tel qu’il apparait aujourd’hui. Mais plutôt la conçoit-il sous sa forme expérimentale dont la thèse serait partagée entre la mémoire actuelle, si ce n’est immédiate, voire médiatique, et l’idée visuelle, parfois accidentelle, qu’on se fait généralement des choses. 

 

Cet exercice de la culture de masse, du tout consommable, Stéphane Gautier en voit ici les couleurs d’un temps suspendu, d’un temps globalisé, non sans humour, et d’abord celles des moments plastiques de notre existence conditionnée dans leur équilibre instable et ludique. De même recourt-il au langage allégorique du bas-relief dans sa nouvelle série intitulée « Peek & Choose » dont l’approche compositionnelle et polychrome déclenche une fois encore l’émerveillement devant le phénomène jamais complètement explicité de la couleur, de toutes les couleurs. De fait, chacune d’entre elles est à considérer comme un pic ou « peek » de sensibilité. Au contraste naturel du ton clair ou foncé, des couleurs chaudes et froides, leur intérêt n’est pas seulement de révéler les lois de l’apparence, qui ne sauraient être réduites à leurs seules dimensions physiques. C’est qu’il existe effectivement un pouvoir de suggestion des couleurs réunies dans ces alignements de vernis à ongles, qui les contiennent pour figurer un sens particulier, qui plus est paradoxal, parce que fugace et persistant. Mais plus encore, c’est qu’elles incarnent le sentiment précis de leur caractère subjectif grâce aux marques qui leur sont associées par l’artiste et structurant leur essences intimes avec étrangeté et profondeur. Où l’on reparle chez Stéphane Gautier, d’appropriation, de détournement, de branding, de packaging, en deux mots de « ready made » ou plutôt d’un art « made ready ». 

 

Au recours du signifiant qui s’y rapporte volontairement, les flacons géométriques dûment estampillés opèrent un transfert quasi automatique dans le sens des couleurs et de leur justification émotive, pour ne pas dire psychique sur les sujets qui en perçoivent les effets et pourquoi pas les effluves... Par corrélation, les deux parties obtenues — contenant et contenu — forment un tout si inséparable qu’il est alors nécessaire de s’interroger sur l’illusion à la limite spectrale du genre, c’est-à-dire sur l’a priori fondé dans les pièces elles-mêmes. Dès lors, la question des couleurs, de leurs nuances, devient décisive, puisqu’elle revient à se demander si celles-ci sont une propriété de l’œil, une propriété des vernis concernés ou une propriété relationnelle désignant l’impact formel de l’unité observable et par conséquent de leurs traces imprimées sur notre rétine. Nonobstant l’ironie par laquelle cette référence à des logos officiels et/ou fictifs, à leur identité visuelle, tend d’une certaine manière à présenter un état falsifié de ce que l’on voit, c’est l’esthétique exercée sur le public qui compte avant tout chez Stéphane Gautier dans son travail comme l’unique valeur de vérité. Et même si lequel public acquiert souvent l’oeuvre d’un artiste original comme un produit de marque, il n’y a vraiment pas de mal à se faire plaisir !

 

 

The surprise of Stéphane Gautier is always to take and not to leave in the work he reinvents by dint of curiosity and pure imagination. By play, by method also, the artist uses all the experiences of everyday life, of contemporary life as the elements both arbitrary and obligatory of his personal creation. For him, the experience of material realism is not at least illogical, if not lost in the mere description of the world as it appears today. But rather it conceives it in its experimental form whose thesis would be shared between the current memory, if not immediate, even media, and the visual idea, sometimes accidental, that one makes things generally.

 

This exercise of mass culture, all-consumable, Stéphane Gautier sees here the colors of a suspended time, a time globalized, not without humor, and first those of the plastic moments of our existence conditioned in their unstable and playful balance. In the same way, he resorts to the allegorical language of the bas-relief in his new series entitled “Peek & Choose” whose compositional and polychrome approach triggers once more the wonder at the phenomenon never completely explained of color, of all colors. In fact, each of them is to be considered as a peak or “peek” of sensitivity. In the natural contrast of the light or dark tone, warm and cold colors, their interest is not only to reveal the laws of appearance, which can not be reduced to their physical dimensions alone. It is because there is indeed a power of suggestion of the colors united in these alignments of nail polish, which contain them to represent a particular meaning, almost paradoxical, because fleeting and persistent. But even more, it is because they embody the precise feeling of their subjective character thanks to the marks associated with them by the artist and structuring their intimate essences with strangeness and depth. Where we speak again in Stéphane Gautier about appropriation, misappropriation, branding, packaging, in two words “ready made” or rather a “made ready” art.

 

To the appeal of the signifier who voluntarily refers to it, the duly stamped geometric bottles perform an almost automatic transfer in the sense of the colors and their emotional justification, not to say psychic on the subjects who perceive their effects and why not the fragrances ... By correlation, the two parts obtained - containing and content - form a whole so inseparable that it is then necessary to question the illusion at the spectral limit of the genre, that is to say on the priori founded in the pieces themselves. Therefore, the question of colors, their nuances, becomes decisive, since it comes down to asking whether they are a property of the eye, a property of the varnish concerned or a relational property designating the formal impact of the observable unit and therefore their traces imprinted on our retina. Notwithstanding the irony with which this reference to official and / or fictitious logos, to their visual identity, tends in a certain way to present a falsified state of what we see, it is the aesthetics exerted on the public that counts first and foremost in Stéphane Gautier’s work as the unique value of truth. And even if the public often acquires the work of an original artist as a branded product, there is really no harm in having fun!

 

 

Renaud Siegmann

Nice, February 2019